| La crise financière internationale |
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| Friday, 12 June 2009 08:35 | ||
Origines de la crise En 2005, des déséquilibres ont commencé à apparaître entre l’économie américaine et asiatique quand les réserves de change accumulées par les pays asiatiques ont commencé à dépasser le niveau des comptes courants américains. Aux Etats-Unis, après 2001, les banques ont baissé leurs taux d’intérêt pour favoriser l’accès au crédit immobilier. Malheureusement en 2006, la Réserve Fédérale des Etats-Unis (FED) a haussé son taux directeur, rendant les remboursements plus difficiles pour les ménages dont certains ont vendu leur maison. Les banques ont saisi et mis en vente les autres maisons : l’offre étant devenue supérieure à la demande, les prix ont chuté. Or certains établissements de crédit avaient émis des titres adossés à ces crédits. La valeur de ces actifs a donc chuté. C’est ainsi que la faillite des banques comme Lehman Brothers qui se financent en empruntant à d’autres banques et à des investisseurs aura des effets néfastes sur lesdites banques. Des Etats européens ont aussi vu leur système bancaire tomber en faillite. Tentatives de solutions 1. Propositions américaines Le Plan Paulson, du nom du Secrétaire américain au Trésor, envisage d’injecter à terme 700 milliards de dollars US dans le système financier pour rendre disponible le crédit et relancer la consommation des ménages en acquérant aux enchères des actifs des institutions américaines et étrangères sur les deux prochaines années. Le Plan Obama, quant à lui, s’articule autour de cinq points à savoir : - relancer l’économie des ménages - relancer l’emploi en lançant une politique des grands travaux - assainir et stabiliser le secteur bancaire - éviter la faillite des constructeurs automobile - résoudre la crise immobilière. Il prévoit 825 milliards de dollars pour sa réalisation.
2. Les propositions européennes Malgré la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement d’Europe le 26 novembre 2008 qui a accouché d’un plan de plus de mille milliards d’euros pour venir à bout de la crise, les initiatives restent nationales, tenant d’abord compte des priorités et caractéristiques de chaque pays. 3. Les sommets du G20 Un premier sommet s’est tenu à Washington (Etats-Unis) en novembre 2008. Un autre, plus fructueux, a eu lieu en avril 2009 à Londres (Royaume-Uni) et a pris des décisions hardies : la régulation et la supervision de l’ensemble du système financier, bancaire et des marchés, le renforcement des institutions financières internationales (le FMI et la BM) et la redéfinition de leurs rôles et mode de fonctionnement, le refus du protectionnisme, la promotion du commerce mondial et de l’investissement et enfin l’engagement à aider les pays moins développés à faire face à la crise financière. Les économies africaines face à la crise La plupart des pays africains étaient déjà affaiblis par un taux d’endettement élevé, un déficit budgétaire important et un manque crucial de réserves. Par ailleurs, les aides bilatérales et multilatérales risquent de se réduire. Mais face à ce tableau assez sombre, certains Africains voient en cette crise une occasion pour l’Afrique de se reprendre en main en augmentant ses capacités d’autofinancement et en opérant des réformes dans tous les secteurs de production. Comme le disait si bien le Président ghanéen John Atta Mills, « il va falloir maintenant qu’on ne compte que sur nous-mêmes ; on ne peut plus attendre grand-chose du reste du monde ; (…) nous avons suffisamment de richesses et si nous décidons de nous concentrer sur ce que nous avons nous pouvons atténuer l’impact de la crise économique mondiale ». Vers une refondation du système capitaliste ? Le Président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se prononcent pour une « moralisation » des marchés. Pour les héritiers de Marx, les désastres économiques et humains actuels sont consubstantiels au capitalisme. Il importe de le remplacer par un autre système, pas de le reformer. Les organisations de la société civile et les Églises face à la crise Comme cela a encore été réaffirmé lors de la dernière édition du Forum Social Mondial tenue en janvier dernier à Bélem au Brésil, l’aide s’est avérée un piège puisque pour en bénéficier, les Africains sont contraints d’ouvrir leurs marchés et de mettre en péril leur souveraineté alimentaire, si bien qu’en fin de compte, les richesses du continent sont siphonnées. Quant à l’église, en tant qu’autorité morale et du fait de sa proximité avec les populations des villes et des campagnes, elle doit veiller à ce que les besoins de l’Homme soient la préoccupation des plans économiques et financiers. L’économie ne doit donc pas être une idole pour laquelle on sacrifie des millions de vies humaines. A cet effet, la CETA et le COE, dans leur dialogue aves les institutions financières internationales, doivent continuer le plaidoyer en vue de la mise en place d’une économie basée sur l’amour et le partage et non l’accumulation et la cupidité. Par ailleurs, les Organisations de la Société Civile (y compris l’Eglise) devraient saisir l’occasion de la crise pour d’une part pousser les gouvernants africains à plus de transparence dans la gestion financière et économique de nos pays, d’autre part réclamer plus d’efficacité de la part des bailleurs étrangers quant à l’aide publique « donnée » à nos pays. Elles devraient s’impliquer davantage dans les mécanismes de suivi de l’élaboration et de l’exécution du budget de l’Etat et s’assurer que les besoins des couches pauvres et déshéritées sont pris en compte par les gouvernants. Il faudrait enfin que de solides structures de micro-finance soient mises en place dans nos pays parce qu’elles ont mieux résisté au « tsunami » financier que les banques. Comlan Prosper Deh et Djemna Koffi du Bureau Régional de la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique (CETA) Ce texte est la version abrégée d’un article paru dans le numéro 15 de la Lettre d’information de la CETA sur le NEPAD. |













